CONCOURS D’ÉCRITURE

ÉDITION 2014

 » LA CÔTE-DES-NEIGES, LA MAIN DE L’OUEST! « 

 

Dans le cadre de l’édition 4 de Lire Montréal qui se tiendra dans le quartier Côte-des-Neiges, le thème du concours d’écriture était le Chemin de la Côte-des-Neiges, une empreinte visuelle qui non seulement accueille la diversité de Montréal, mais s’en trouve également fortement marquée. 

Pour cette édition, le jury était composé de :

  • Denis Boucher, expert en patrimoine,
  • Robert Chamberot, bibliothécaire à la bibliothèque de Côte-des-Neiges,
  • Isabelle Boulanger, coordonnatrice des événements à la librairie Olivieri.

Le Prix Lire Montréal a été remis à Julien Beauseigle-Laniel  pour sa nouvelle TROTSKI / MOI / HANNAH.

Une œuvre originale de l’artiste Mathieu Baril a été remise au gagnant en partenariat avec la CDEC CDN/NDG, ainsi qu’un chèque-cadeau, gracieuseté de la librairie Olivieri.

Pour lire le texte lauréat : TROTSKI / MOI /HANNAH, de Julien Beauseigle-Laniel

 

 

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ÉDITION 2013 

« L’IMAGINAIRE DE L’ÉCHANGEUR TURCOT »

En partenariat avec la Division de la culture et des bibliothèques du Sud-Ouest , Spacing Montréal et le Centre Canadien d’Architecture

Dans le cadre de l’édition 3 de Lire Montréal qui se tiendra dans le quartier Saint-Henri, vous êtes invités à partager votre interprétation d’une structure monumentale qui marque le paysage du quartier Saint-Henri et dont la destruction prochaine est annoncée : l’ECHANGEUR TURCOT. Symbole de modernité pour certains, horreur architecturale pour d’autres, l’échangeur Turcot est un objet d’actualité et de discussion, ainsi qu’une empreinte visuelle et architecturale à explorer sous tous les angles.

Nouvelles, essais, poèmes, bandes dessinées et autres genres littéraires seront acceptés. Le texte ne doit pas dépasser 2 000 mots, ou trois planches pour les bandes dessinées ou autres propositions graphiques.

Le jury sélectionnera deux textes gagnants. Les lauréats seront annoncés officiellement le dimanche 5 mai 2013 lors de l’évènement Lire Montréal Édition 3 / Saint-Henri. Les textes lauréats seront publiés sur les blogs de Lire Montréal et de Spacing Montréal.

 JURY

Le jury est composé :

– d’un représentant du milieu littéraire,

– d’un représentant du quartier Saint-Henri,

– d’un représentant du milieu de l’urbanisme ou de l’architecture.

Les critères sont les suivants : originalité, respect du thème et du nombre de mots.

 PRIX

Les lauréats recevront divers cadeaux de nos partenaires.

SOUMISSION

Date limite de soumission des textes : vendredi 12 avril 2013

Envoi à : lire.montreal@gmail.com

Prière d’indiquer votre nom, votre âge et vos coordonnées.

PDF : Concours d’écriture LIRE MTL 2013

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ÉDITION 2012

L’IMAGINAIRE DU MARCHÉ AUX PUCES SAINT-MICHEL

Le prix Lire Montréal 2012 a été décerné au texte Une trouvaille au marché Saint-Michel : le dentier de Babel, de David Clerson.  Une Mention spéciale du jury a été décernée au texte Pérégrination, de Carole Marceau.

Le jury était composé de trois personnes œuvrant dans le milieu de la littérature : Stéphanie Lamothe et Claude Lussier, bibliothécaires à la bibliothèque de Saint-Michel, ainsi que Hérault Jr Alphonse, poète.

Nouvelle, essai, poème, bande dessinée et toute autre forme d’écrits étaient acceptés. Le texte ne devait pas dépasser 1 500 mots ou deux planches pour les bandes dessinées.Les critères étaient les suivants : respect du thème, originalité, qualité de la langue et respect du nombre de mots.

Voici les deux textes primés :

TEXTE GAGNANT :  Une trouvaille au marché Saint-Michel : le dentier de Babel, par David Clerson

Il existe au marché Saint-Michel un kiosque qu’on ne peut visiter qu’une fois et offrant des merveilles introuvables ailleurs : la madeleine de Proust, le homard de Nerval, une tresse des cheveux du Grand Antonio… Je m’y suis arrêté un jour et j’y ai vu un objet qui m’est paru destiné, le dentier de mon vieil oncle portugais Jorge (1928-1998), reconnaissable entre tous avec ses dents d’ivoire derrière lesquelles des mots secrets sont gravés en de minuscules caractères. Je ne me demandai pas qui était allé le chercher dans la tombe de mon défunt ancêtre ; je le payai sans compter et je partis, en pensant à mon vieil oncle, ce grand voyageur polyglotte, que j’aimais bien, malgré sa fâcheuse habitude de toujours nous raconter ses voyages dans des langues qui nous étaient étrangères, comme si ce qu’il avait vécu, il tenait à tout prix à le cacher.

De retour chez moi, je me suis installé à mon bureau, j’ai pris une loupe et j’ai déchiffré les mots secrets gravés sur le dentier. Ce que j’y ai lu, je ne le vous dirai pas, mais ce que je peux vous dire, c’est que depuis ce jour, j’ai pris le goût des langues. Je suis retourné au marché Saint-Michel, j’y ai trouvé de vieilles méthodes Assimil de turc, de portugais, de cantonais, d’hébreu, de grec, d’ouzbek… et depuis j’en écoute les cassettes matin, midi et soir, et même durant mon sommeil. Mes nuits sont bercées de rêves polyglottes où je voyage à travers le monde et parle la langue de tous ceux que je rencontre. J’y ai même une fois gravi la tour de Babel et j’ai servi d’interprète aux hommes qui ne savaient plus s’y comprendre.

Partout où je vais, j’emporte le dentier de Jorge, le posant sur mon bureau pendant que j’y travaille ou sur ma table de chevet tandis que je dors, et le glissant dans la poche de mon manteau lors de mes sorties.

Depuis peu, je perds mes dents, une ou deux chaque matin. Sur ma table de chevet, il me semble parfois que le dentier me sourit. Ma bouche est comme un réceptacle qui l’attend. En rêve comme dans ma vie éveillée, je parlerai bientôt comme parlait Jorge. Je ne sais si je dois m’en inquiéter ou m’en réjouir, mais cela me semble inéluctable.

Ce mystérieux kiosque où j’ai déniché le dentier de mon vieil oncle, j’ai tenté maintes fois de le retrouver, sans succès. Il paraît qu’il se déplace constamment, qu’il se matérialise entre d’autres kiosques, présent seulement pour ceux qui ne s’y sont jamais arrêtés.

Mais je ne sais si je vous conseille de vous lancer à sa recherche. Depuis peu, des dents d’ivoire en bouche, je perds mon français et parle dans une langue claire à mes oreilles, mais étrangère à tous mes interlocuteurs. Il me semble parfois qu’il s’agit de la langue de demain, que c’est une langue de prophète, annonçant le langage du futur. D’autres fois, je crois plutôt que c’est une langue d’hier, une langue oubliée, celle d’un passé dont on ne se souvient de rien. Mais c’est surtout une langue que je suis seul à comprendre, une langue solitaire, qui n’est claire qu’à mes oreilles, une langue de monologue, comme le babil d’un bébé, une langue pour moi inutile, une glossolalie, faite de sons pour tout autre insensés.

Il n’y a qu’en rêve, encore, que j’arrive parfois à me faire comprendre. Aussi j’évite la compagnie des hommes, je préfère la solitude de ma chambre et je ne parle plus qu’endormi avec en bouche le dentier de Jorge.

En de rares occasions, je le retire de ma bouche, je le pose devant moi ou je le tiens dans ma main. Je lui adresse la parole : « Jlkjlkj sklkpokl fkl fklk. »

Il me répond : « Clac clac. »

Je me sens moins seul.

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MENTION SPÉCIALE DU JURYPérégrination, par Carole Marceau

Dans un passé fort lointain, mon ancêtre est née de l’argile et de l’âme d’un artisan inspiré par l’odeur de la terre moite et du ronchonnement d’un tour de bois, gémissant sous le poids de son grand âge.

L’atelier du potier, en murs de torchis et terre battue, n’était en fait qu’une mansarde et lui tenait lieu également de résidence. C’est à cet improbable endroit que le miracle s’accomplit. Les mains du potier aux doigts noueux et perclus caressèrent l’argile et celle-ci se métamorphosa doucement en un magnifique objet d’art, scintillant des mille azurs de la mer Égée. Son corps rebondi, gravé finement de représentations de la divine Athéna et entrelacé de feuilles d’or et de fleurs délicates devint l’ultime chef d’œuvre du vieil artisan usé par la vie.

Mon ancêtre est une amphore repue de toutes les huiles précieuses qu’elle conserva fidèlement pendant des décennies. Sa vie coula paisiblement  à l’ombre des oliviers du Mont Parnasse et tout près des rites sacrés de Delphes.

Mais un jour, son maître disparût et l’amphore se retrouva ficelée sur le dos d’un mulet qui fait route vers le Pirée. Arrivée à destination, l’attente se poursuit interminablement pour la vieille amphore laissée pour compte parmi un tas de cordages et d’objets hétéroclites. Par hasard, elle est remarquée par une jeune fille qui a un irrésistible coup-de-cœur pour ses parures anciennes et les longues cicatrices qui zèbrent ses flancs. La jeune fille l’emporte en se disant que l’amphore mérite un meilleur sort et elle lui confie la tâche délicate de conserver au frais les gerbes de fleurs qu’elle cueille au jardin afin de parer sa demeure. L’amphore est bien heureuse de sa nouvelle vie et elle s’efforce de son mieux de satisfaire sa maîtresse malgré son âge vénérable.

Mais hélas un jour, un tremblement de terre renverse la vieille amphore fatiguée qui se brise alors en plusieurs fragments. Heureusement, Athéna veille sur elle et dans sa chute, elle conserve miraculeusement intact les motifs anciens des enjolivures qui la décorent.

La jeune fille, fort peinée, recueille délicatement les morceaux éparpillés et va consulter le potier du village qui lui fabrique alors un vase, large et robuste, peint du ciel de son village. Et dans l’espoir de la consoler, le potier s’applique à reproduire fidèlement les parures anciennes de l’amphore éclatée.

Mais, tout en peignant le vase, le potier qui est aussi un homme d’affaire avisé, a une idée. En secret, il confectionne alors plusieurs copies du vase qu’il vend à prix d’or à un marchand qui rêve de naviguer au-delà des îles de la mer Égée. Et c’est ainsi que les nouveaux vases se retrouvent sur les quais d’Éphèse et voyagent longuement à travers tout l’Empire Perse, servant à leur  tour de modèles à des artisans qui bien que restant fidèles aux motifs helléniques, changèrent la forme des vases selon les besoins et les modes du temps.

Et les siècles passent.

L’Athéna guerrière de l’amphore conserve son magnétisme et un jour, elle se retrouve à nouveau prisonnière dans la cale d’un bateau à voiles voguant sur les mers d’Europe. C’est alors l’âge d’or des vaisseaux-pirates et l’un d’eux arraisonne sans ménagements le navire marchand afin de lui voler sa cargaison.

Le capitaine des pirates, qui est homme de goût et de raffinement sous ses airs de brigand retors, souffre parfois de cette solitude inhérente à son statut de hors-la-loi. Ses repas sont mornes et solitaires, la nourriture pas souvent fraîche et il s’ennuie terriblement. Sa seule distraction est de faire le décompte du butin volé mais ça aussi, c’est de la routine.

Il s’émerveille donc à la découverte de ce vase bleu azur décoré d’une si belle guerrière. Il en tombe même amoureux et il en fait aussitôt sa fidèle convive en réclamant que le vase soit placé sur sa table, en face-à-face, à tous ses repas.  Il devient si fasciné par la beauté d’Athéna qu’il décide alors de préserver sa mémoire et dès son retour dans un port d’Italie, il commande les plus belles assiettes de faïence qui soit, cerclées d’or fin et peintes à l’effigie de sa déesse. Après tout, il en a les moyens.

Et à nouveau, les siècles passent.

Athéna l’immortelle poursuit son périple et continue de séduire et d’envoûter celui ou celle qui la regarde de trop près. Mais à l’ère industrielle, l’argent fait la loi et les marchands du temple s’emparent de l’image d’Athéna et la multiplie à l’infini. Athéna perd ainsi sa divinité et son mythe pâlit. Elle devient tristement une simple décoration étampée sur de la vaisselle de pacotille, offerte aux touristes à la recherche de souvenirs bon marché. Comble de l’ironie, elle se retrouve un beau jour sur les lieux de la naissance de son mythe, en Grèce, sur les rayonnages d’un boutiquier plus intéressé par le négoce que par la légende.

Et c’est ainsi qu’un petit ensemble de tasse & soucoupe se retrouve étalée en évidence sur le comptoir d’une boutique sise à l’ombre de l’Acropole.

Et inexorablement, le temps passe.

Océane en est à son tout premier voyage et elle déambule parmi les nombreuses boutiques du quartier Plaka à Athènes. Elle s’est promis de ramener à sa grand-mère  un objet particulier, symbole de la force et du courage de cette femme qui traversa les épreuves de la vie avec dignité. Mais que choisir parmi tous ces étalages? Un peu découragée, Océane regarde distraitement à droite et à gauche et porte enfin le regard sur le comptoir où s’enlisent, très poussiéreuses, une toute petite tasse et sa fidèle soucoupe. L’ensemble est ravissant, d’un beau vert profond sur fond noir et éclairé d’un cercle doré. On y remarque des motifs helléniques, des cœurs stylisés, des dorures fleuries et surtout un portrait d’Athéna guerrière, tout-à-fait semblable à celui de l’amphore du temps jadis. Soudain, le temps n’existe plus et la déesse reprend vie, parce qu’à nouveau, elle est aimée et désirée.

Océane, séduite par la beauté de cet ensemble si particulier, l’achète et sort de la boutique satisfaite de son choix. Elle parvient à lui faire traverser l’océan sans casse et elle l’offre, tel que prévu, à sa grand-mère pour son anniversaire. Celle-ci, très touchée par le geste de sa petite-fille, conserve le cadeau précieusement dans un vaisselier ancien orné de vitraux biseautés, plein à craquer des souvenirs qui jalonnent toute sa vie.

Mais le temps reprend ses droits.

Un jour, la grand-mère disparaît à son tour. Ses meubles se retrouvent éparpillés au gré des discussions familiales. Dans tout ce remue-ménage et ce brouhaha, la petite tasse et sa fidèle soucoupe se retrouvent tapies au fond d’une armoire, oubliées sans mauvaise intention par la famille endeuillée. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’elles sont enfin retrouvées parmi bien d’autres objets abandonnés et dont le sens a été perdu. Le charme d’Athéna n’opère pas cette fois-ci et les deux amies se retrouvent à nouveau prisonnières au fond d’une boîte à débarras, étouffées sous plusieurs couches de papier-journal.

Mais il faut croire que le temps est un ami fidèle puisqu’il permet miraculeusement que la petite tasse  et sa soucoupe se retrouvent à nouveau en pleine lumière en en pleine opération-charme, juchées prudemment sur une table toute blanche d’un marché aux puces dans le quartier St-Michel de Montréal. La petite tasse verte se démène pour se mettre en évidence et elle espère très fort, en tortillant son anse, que ses charmes surannés lui apporteront bientôt l’assurance d’être à nouveau l’élue. Après tout, Athéna la guerrière est toujours vivante et la décore si hardiment.

Beaucoup de monde dans ce sympathique Marché aux Puces, les gens vont et viennent à la recherche de l’objet convoité ou tout simplement désireux de se laisser surprendre.

Soudain, un couple s’arrête devant la table où se désespère la toute petite tasse verte espoir. La dame la prend délicatement entre ses mains et regarde son compagnon. La magie fait le reste et le temps se recompose une histoire en redonnant vie à Athéna, l’immortelle.

Ainsi se poursuivent les étonnantes tribulations de la déesse de la Sagesse et des Arts, qui d’une amphore antique à une toute petite tasse, continue d’insuffler la passion qui fleurit toute vie.

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